Hanoi, 6 juin (AVI) - La plupart des députés de l'Assemblée nationale ont souligné mardi la nécessité de promulguer au plus tôt la Loi sur le don, le prélèvement et la greffe des tissus et organes humains, premier texte sur le sujet au Vietnam tant attendu par médecins et patients, profitable au développement scientifique et au sauvetage des vies. Dicté par le respect du libre consentement des donneurs et des greffés, le texte de 7 chapitres et 36 articles est élaboré pour servir l'ultime but humanitaire et non lucratif, les buts d'éducation et de recherche scientifique, en assurant la bioéthique et la confidentialité et en conformité avec la Constitution, le Code civil (amendé) de 2005, et les conditions socio-économiques au Vietnam. La majorité des législateurs ont demandé que l'âge légal du donneur soit fixé à 18 ans, quand il est à l'âge de maturité et reconnu par le Code civil comme une personnalité juridique, et qu'il fait volontairement une demande de don, de prélèvement et de transplantation de ses tissus et organes. Cependant, la députée Truong Thi Vân, de la province de Nghê An, a estimé que l'âge légal pourrait osciller entre 16 et 18 ans pour les cas spéciaux, à condition que tout prélèvement soit réalisé sur les tissus régénérateurs et avec le consentement des parents du donneur. Plusieurs avis ont estimé que la loi ne devrait pas autoriser la création d'une banque des tissus par les individus. Le député Nguyên Thanh Binh, de la province de Bac Ninh, a invité à soupeser sérieusement cette question sensible malgré la nécessité d'une telle banque, expliquant que le prélèvement et la greffe risquent de donner lieu à des abus et autres affaires négatives. Une telle banque privée, pourrait-elle assurer l'ultime but humanitaire et non lucratif, s'est interrogé le député Nguyên Van Thuong, de la province de Quang Tri, qui a souligné le manque d'expérience du Vietnam dans la gestion de ce genre de banque des tissus, d'ailleurs difficilement gérable. Selon les députés Nguyên Thê Hiêp, Hoang Trong Mân et Pham Thi Hoa, respectivement de Ho Chi Minh-Ville, Tiên Giang et Thanh Hoa, seul le plus haut dirigeant de l'établissement hospitalier où est admis le patient est habilité à déclarer la mort cérébrale de ce dernier, car lui seul a le droit de convoquer un conseil d'expertise en la matière. Le projet de loi est présenté la semaine dernière par la ministre de la Santé Trân Thi Trung Chiên qui a estimé que dans le domaine de greffe rénale, le Vietnam est d'un demi-siècle à la traîne après d'autres pays dans la région, un retard attribué notamment à l'insuffisance des sources de tissus et organes humains. Sur un million de Vietnamiens, de 60 à 70 personnes souffrent d'une déficience rénale chronique et actuellement 1.400 malades sollicitent une greffe hépatique. A cause de la pénurie de l'offre liée à l'absence d'un cadre juridique sur le don et la transplantation des organes, nombre de patients doivent se faire traiter à l'étranger et régler des factures dix fois plus chères qu'au Vietnam. - AVI
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