Hanoi, 17 août (AVI) - La Banque mondiale a exhorté mercredi les pays en voie de développement avec peu de ressources pour combattre le sida à suivre l'exemple des programmes de prévention du fléau déployés ces dernières années par la Thaïlande qui ont permis au pays de fournir des traitements quasiment gratuits aux patients.
Dans un rapport publié à l'occasion de la tenue du XVIe Congrès international sur le sida qui se tient du 13 au 18 août à Toronto (Canada), la Banque mondiale a fait savoir que la Thaïlande, un ancien point chaud pour le virus, a réduit de moitié le nombre des nouvelles infections durant la dernière décennie.
Le pays est acclamé pour son National Access to Antiretroviral Programme for People Living with HIV/Aids (Napha), qui fournit depuis octobre dernier une thérapie antirétrovirale à près de 80.000 Thaïlandais, soit plus de 90% des personnes qui en ont besoin. Le Napha aidant, un patient peut entrer dans un établissement hospitalier et payer 30 bahts (80 cents américains) pour son traitement.
Plusieurs sortes de médicaments antirétroviraux étant brevetés et vendus par les grandes firmes pharmaceutiques, la Thaïlande doit exercer son droit à la licence d'expropriation selon les règlements de l'Organisation mondiale du commerce qui la permettrait, selon la Banque mondiale, d'économiser environ 3,2 millions de dollars de dépenses sanitaires jusqu'en 2015.
Sans les campagnes de prévention, la Thaïlande aurait compté 7,7 millions de séropositifs et 850.000 sidéens en 2005, soit environ 14 fois supérieures au bilan actuel, a encore estimé la Banque mondiale, indiquant que le pays a fait la prévention du sida une première priorité voici une décennie.
Environ 1,6 million de personnes recevaient un traitement antirétroviral dans les pays pauvres fin juin, soit 24% des malades du sida en ayant un besoin urgent, a annoncé mercredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Sur l'ensemble des pays pauvres, où vivent 95% des personnes infectées par le virus dans le monde, l'augmentation est de 24% par rapport à décembre 2005. Par rapport à 2003, ce chiffre a quadruplé.
La couverture des besoins en traitement varie énormément selon les régions: de 5% en Afrique du Nord et Moyen-Orient, 13% en Europe de l'Est et Asie centrale, 75% en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Mais nous ne pouvons pas gagner la bataille contre le sida avec seulement des médicaments, a affirmé lors de la conférence internationale sur le sida, Robin Jackson, responsable des programmes pour les malades du sida au Programme alimentaire mondial (PAM)..
PAM et l'ONG Partners in Health ont lancé mercredi un appel d'urgence pour accompagner les programmes de traitements antisida d'une aide alimentaire ciblée. Selon l'agence, dans les pays à faible et moyen revenus, 6,4 millions de personnes vivant avec le virus auront besoin d'un soutien alimentaire d'ici à 2008. - AVI
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