Hanoi, 5 novembre (AVI) - L'ancien président Saddam Hussein a été condamné à mort par pendaison dimanche par le Haut tribunal pénal irakien, pour "crime contre l'Humanité" avec sa responsabilité dans l'exécution de 148 habitants chiites du village de Doujaïl (au Nord de Bagdad), en représailles à un attentat contre le convoi présidentiel en 1982.
Barzan Ibrahim al-Tikriti, l'un des trois demi-frères de Saddam Hussein, et l'ancien président du tribunal révolutionnaire Awad Ahmed al-Bandar, ont également été condamnés à la peine capitale par le tribunal.
L'ancien vice-président irakien, Taha Yassine Ramadan, a été condamné à la prison à vie. Trois anciens dirigeants locaux du Baas, parti au pouvoir sous le régime de S. Hussein, Abdallah Kadhem Roueid, son fils Mezhar Abdallah Roueid et Ali Daeh Ali, ont été condamnés à 15 ans de prison. Un quatrième, Mohammed Azzam al-Ali, a été acquitté, conformément aux réquisitions du procureur général.
Protestant contre ce jugement, S. Hussein a crié "Dieu est plus grand que l'occupant" et "Longue vie à l'Irak".
L'opinion publique internationale a réagi de différentes manières devant cette décision du Haut tribunal pénal de l'Irak. Les avocats de S. Hussein, quant à eux, ont qualifié ce verdict d'"injustifié et politique".
L'organisation de défense des droits de l'Homme, Amnesty International, a déploré la condamnation à mort de l'ancien président irakien, ainsi que de ses deux co-accusés.
"C'est une affaire glauque, marquée par de graves failles qui remettent en question la capacité du tribunal, tel qu'il est établi actuellement, à administrer une justice juste, en conformité avec les standards internationaux", a-t-elle insisté.
La communauté sunnite d'Irak a protesté contre ce verdict du Haut tribunal pénal irakien.
Le président irakien Jalal Talabani, en visite en France, n'a pas voulu le commenter, tandis que le Premier ministre irakien, Nuri An Maliki, a affirmé que "le verdict d'aujourd'hui rend justice aux familles de Doujaïl et à toutes celles qui ont subi l'injustice de S. Hussein".
Le ministre des Affaires étrangères britannique, Margaret Beckett, a salué dimanche ce verdict, soulignant que Saddam Hussein et ses coïnculpés ont eu à rendre compte de leurs crimes.
La violence s'est poursuivie en Irak. Avant que le verdict du tribunal soit rendu, des assaillants ont attaqué un sanctuaire sunnite à Bagdad, faisant six morts et une vingtaine de blessés.
Un soldat américain a été tué dans une attaque contre une patrouille à l'ouest de Bagdad, portant à 2.820 le nombre de GI`s morts depuis mars 2003. -AVI
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